Les macroalgues

Généralités sur les algues :

Les algues sont des végétaux aquatiques autotrophes photosynthétiques. Leur appareil végétatif est constitué d’un thalle dépourvu de racines, tiges et feuilles. Les algues forment un ensemble très hétérogène du point de vue de la morphologie, la cytologie, la biologie, du métabolisme,… L’appellation algue est en fait actuellement contestée puisqu’il a été prouvé que ces organismes se répartissent entre plusieurs voies évolutives complètement indépendantes les unes des autres.

Les macroalgues sont subdivisées en trois groupes, les Rhodophycées (algues rouges), les Phaeophycées (algues brunes) et les Ulvophycées (algues vertes). Les trois groupes qui différent du point de vue cytologique (notamment de l’équipement pigmentaire), biochimique, biologique, … peuplent les fonds des milieux aquatiques et particulièrement marins.

La coloration des algues est due à leur composition pigmentaire et aux conditions environnementales. Ainsi les algues vertes le doivent à leur forte concentration en chlorophylle. Les algues rouges présentent des pigments tels que les phycobiliprotéines dont les phycoérythrine ont une couleur rouge. Enfin les algues brunes doivent leur couleur aux caroténoïdes et particulièrement la fucoxanthine.

Il existe des exceptions où la couleur de l’algue ne permet pas d’emblée de la classer dans un des trois groupes. C’est ainsi que certaines algues rouges placées sous intensité lumineuse assez forte présentent une couleur verte telle que Hypnea musciformis  ou jaune telle que Rissoella verruculosa.

Le biotope :

La nature du substrat n’intervient généralement que comme support de fixation. La majorité des algues colonisent des substrats durs qui leur assurent le meilleur ancrage et les préservent des transports éventuels provoqués par les mouvements des eaux lors de la fixation des jeunes thalles ou de l’arrachage pour les thalles déjà installés.

Les cycles biologiques des algues :

Le germination d’une cellule reproductrice (spore ou zygote) et dont la finalité est la formation et la dispersion de nouvelles cellules reproductrices (gamètes ou spores). 

Les macroalgues de Tunisie :

En 1995, Ben Meiz recense 414 espèces de végétaux aquatiques appartenant à la macroflore : 250 Rhodophyceae, 81 phaeophyceae, 70 Chlorophyceae. Quelques espèces appartiennent à d’autres classes comme celles des Xanthophyceae (2 espèces) et des Charophyceae (2 espèces). Neuf espèces de phanérogames marines ont été répertoriées sur les côtes Tunisiennes.

Une algue qui fait beaucoup parler d’elle en Méditerranée :

Caulerpa taxifolia est une algue verte tropicale qui a été introduite accidentellement en Méditerranée au début des années 80. Cette algue, toxique pour les organismes vivants dans le même biotope, ne cesse de s’étendre suscitant de l’inquiétude. Aucun risque de toxicité n’a été établi pour l’homme.

En Tunisie, l’INSTM fait preuve de vigilance à l’encontre des espèces introduites dans les écosystèmes littoraux. Deux campagnes ont été mises en place pour la surveillance de cette espèce. La première est une campagne de prospection qui a concerné le littoral nord Tunisien, site jugé sensible. La deuxième, est une campagne de sensibilisation auprès des usagers de la mer et un appel à la signalisation de l’algue a été lancé. Un dépliant édité par l’INSTM en 10.000 exemplaires (5000 en arabe et 5000 en français) a été distribué.

Des études chimiques de cette algue ont permis d’attribuer la toxicité majoritairement à la caulerpényne.

Utilisations des algues :

Les algues sont utilisées dans plusieurs domaines tels que l’alimentation humaine et animale, l’agriculture, la cosmétologie, la pharmacologie, etc… 

Les Agars et les carraghénanes extraits d’algues rouges :

Gelidium, Gracilaria, Pterocladia,…(pour les agars) et Chondrus, Gigartina, Hypnea,…(pour les carraghénanes). Ces polysaccharides possèdent un grand intérêt industriel, en particulier dans l’industrie des produits laitiers, mais aussi en cosmétologie et en pharmaceutique.

En Tunisie, l’espèce Gracillaria verrucosa, a fait l’objet de plusieurs études d’un point de vue biologique mais aussi économique puisque la qualité de l’Agar a été analysée et des essai de culture ont également été réalisé. 

La qualité de l’agar produite par cette espèce a été analysée. Trois critères sont étudiés : la force du gel, le point de gélification et le point de fusion. Les résultats obtenus montrent une qualité de l’agar satisfaisante puisque la force de gel obtenue (300g/cm2) (aux conditions optimales) se situe dans la catégorie des agars de qualité moyenne. Ce sont des colloïdes utilisées dans le domaine agro-alimentaire en tant qu’épaississant et stabilisant des denrées alimentaires et des produits destinés a l’agriculture. (Ben Said et al , 1999).

Cette espèce a été choisie pour le démarrage d’une activité d’algoculture et des travaux de recherche ont été entrepris pour l’étude des possibilités de son exploitation. Trois modes de culture ont été testés dans le lac de Bizerte. (Ksouri et al., 1999)

Valorisation des macroalgues : Utilisation pharmacologique

Les algues ont été utilisées depuis très longtemps, par les populations côtières du monde entier et d’une façon empirique, en pharmacopée traditionnelle. Certaines variétés de sargasses et de laminaires servent à traiter des affections pathologiques diverses telles que les plaies chirurgicales, les troubles de la vessie, le goître. En Méditerranée un ensemble de Rhodophycees (Corallina elongata, Jania rubens, Alsidium helminthocorton) appelées communément « mousse de Corse » ont été utilisées dans plusieurs pays comme antihelminthique. 

 La découverte de substances actives efficaces est une étape assez longue et coûteuse. C’est pour ces raisons que les progrès dans ce domaine sont lents. Quelques spécialités pharmaceutiques contiennent des poudres, des extraits ou des produits purs tirés d’algues.

 

 

~ par caninet le juillet 11, 2008.

Laisser un commentaire